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référendum J-3

16 mars 2011

Finalement ce référendum sur les amendements à la constitution (voir précédent post) éclaircit  nettement le paysage politique égyptien.

Appellent à voter oui samedi prochain : l’actuel gouvernement Sharaf, le PND, les responsables de l’ancien régime, de nombreux hommes d’affaires et les Frères Musulmans. Sur les réseaux sociaux, cela se traduit par l’affichage de l’avatar ci-contre.

Appellent à voter non ( en arabe) pratiquement toutes les autres forces politiques et de nombreuses personnalités : le Wafd (parti de la délégation), le parti nassérien, le mouvement des jeunes du 25 janvier, celui du « 6 avril »*, le Tagammou (parti du rassemblement, « socialiste »),  le Rassemblement national pour le changement , le parti el-ghad (d’Ayman Nour), le parti du Front, le parti communiste égyptien, le mouvement d’el-Baradei, le Centre égyptien pour les droits économiques et sociaux, le Mouvement des égyptiennes pour le changement. Neuf de ces mouvements participaient à une conférence de presse mardi soir au cours de laquelle ils ont appelé le CSFA (Conseil Suprême des Forces armées) à annuler ce référendum et la population à manifester vendredi pour obtenir une véritable « nouvelle constitution ». Vendredi est désormais annoncé comme la « journée du refus ».

De nombreuses pages Facebook et des clips video explicitent les positions des uns et des autres. Dans celui-ci apparaissent des artistes comme l’actrice Mona Zaki des entrepreneurs comme Sawires, le patron de Mobinil, et des politiques égyptiens comme Amr Moussa et Mohammed el-Baradei. Ils expliquent les raisons de leur . Ils y appellent chaque égyptien à convaincre « cinq voisins ou cinq amis de Facebook » à venir voter « Non » samedi prochain. Les responsables de « l’Union des jeunes pour la révolution » appellent de leur côté au boycott de ce scrutin.

Le CSFA  n’a pas oublié de s’exprimer, même si les militaires et les policiers n’ont pas le droit de vote,  en faisant annoncer au président de la commission du référendum, Mohamed Atteyqa, qu’en cas de victoire du non, « le CSFA gouvernera par décrets » pour assurer « la transition politique ». Ce à quoi les jeunes répondent aujourd’hui sur Facebook avec un avatar on ne peut plus clair (ci-contre).

Enfin une campagne d’information dans la presse, à la télévision et sur le net donne le mode d’emploi de ce référendum, annonçant aux égyptiens leur « premier suffrage transparent ». Chaque citoyen de 18 ans ou plus peut voter à l’aide de sa simple carte d’identité et semble-t-il dans n’importe quel bureau de vote. L’encrage du pouce de chaque votant ainsi que des peines pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement à l’encontre des resquilleurs sont censés empêcher la fraude. Mais l’organisation de ce référendum est contestée par de nombreux commentateurs, notamment sur la question cruciale de la surveillance du scrutin et de la présence d’observateurs indépendants lors du dépouillement.

* : le mouvement du « 6 avril » s’est récemment rallié à cette position, après avoir soutenu dans un premier temps la révision constitutionnelle, selon le Masri al-Yaoum d’hier.

3 commentaires leave one →
  1. 19 mars 2011 17:29

    Merci!

    Voici de mon côté – j’apprends l’arabe depuis un an – les expressions que j’ai trouvées :
    اَلْـمُـسَاوَاةُ بِيـنَ ٱلْـمَرْأَةُ وَٱلرَّجُـلُ L’égalité entre la femme et l’homme
    مُـسَاوَاةُ ٱلْـمَرْأَةِ بِالرَّجُـلِ L’égalité de la femme avec l’homme
    اَلْـمُـسَاوَاةُ فِي ٱلْـحُـقُوقِ L’égalité des droits
    عَـلَى قَـدَمِ ٱلْـمُـسَاوَاةِ sur un pied d’égalité, à part égale…

    Mais le mot est une chose, la notion (idéologico-politique) en est une autre.
    Espérons qu’elle se répande à la lumière des derniers événements!

  2. 18 mars 2011 10:07

    Bravo pour votre travail, très précieux quand on est loin de la situation! Continuez de nous présenter et traduire en français les déclarations (banderoles, panneaux, tracts, etc) des gens : c’est là qu’on comprend mieux ce dont ils parlent entre eux et les propos qu’ils s’échanget et s’adressent (là où les panneaux rédigés en anglais sont, par définition, adressés aux étrangers et donc plus exogènes).
    À ce propos, une question de langue arabe: serait-il vrai que la notion d’égalité (chère à la France) est mal cernée dans la langue arabe commune et circule peu actuellement dans la rue (à l’inverse de la notion de liberté)?

    • snony permalink*
      18 mars 2011 11:15

      Il est vrai que le terme égalité est moins employé en Égypte que celui de justice ou celui de liberté. Ce qui semble normal pour un peuple qui vient de passer trente ans sous un régime dictatorial et sa « loi d’urgence ». Je ne suis pas linguiste mais je ne pense pas qu’il s’agisse d’un problème de cet ordre. Le terme existe (al-mousâwa) a été abondamment utilisé par les femmes dans les manifestations du 8 mars par exemple. Certes, celles-ci n’ont guère rassemblé…
      Il me semble surtout, depuis que je vis ici, qu’une grande partie de la population est (était ?) complètement résignée à l’inégalité sociale, pourtant obscène en Égypte. Les relations entre classes sont souvent empruntes de références à une hiérarchie sociale (on se dit encore ya bacha, ya bey …), comme c’est le cas en Inde. Les relations sociales au travail sont elles aussi très marquées par la soumission à l’autorité. La révolution va sans doute avoir fort à faire pour se traduire par de réelles transformation dans ces relations … sans parler des relations conjugales !

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