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parti sans bruit

23 février 2009

C’est dans le bus qui m’emmenait vers tayyeb-salehle désert où je suis allée respirer quelques jours que j’ai lu la nouvelle (dans le Badyl). Rentrant hier soir dans un Caire totalement embouteillé pour cause d’attentat (je ne l’ai compris qu’en allumant plus tard mon poste) je me suis empressée de faire une revue de presse sur la question : quelques communiqués le 19 février, quelques commentaires sur les blogs littéraires (Libé, Le Monde) mais globalement, c’est dans un grand silence que s’est retiré – le 18 février dernier- Tayyeb Saleh, (الطيب صالح) écrivain soudanais.

Peut être Tayyeb Saleh cumule-t-il deux handicaps : celui d’être soudanais et celui d’écrire en arabe, mais il est pourtant un écrivain majeur de ce siècle. Son « grand œuvre » Saison de la migration vers le nord (traduit en français chez Sinbad/Actes Sud et que l’on trouve aussi en poche), paru en 1971, a été choisi comme le «roman arabe le plus important du XXe siècle» par l’Académie arabe de littérature de Damas, en 2001. Quelle que soit l’estime dans laquelle on tient les académies, cela mérite peut être d’aller jeter un œil sur les ouvrages de ce bonhomme.

Il est aussi l’auteur de quelques nouvelles dont « Une poignée de dattes » (حفنة تمر) que j’ai eu la chance d’étudier en arabe à l’Inalco : il y observe à travers les yeux du jeune garçon qu’il était, grandissant dans la palmeraie de son grand père les relations sociales plutôt rudes de son village natal du Nord Soudan.

Les romans de Tayyeb Saleh sont traversés par la migration (et donc le colonialisme). Lui-même a passé l’essentiel de sa vie hors du Soudan : en Angleterre où il a longtemps été responsable de la section arabe de la BBC, au Qatar où il a eu des responsabilités ministérielles, mais aussi à Paris alors qu’il travaillait pour l’Unesco. C’est en Angleterre où il était retourné passer sa retraite qu’il est décédé à l’âge de 80 ans.

La BBC lui rend (en anglais pfff, et en arabe pfffffffffffffffffff) l’hommage le plus conséquent, rappelant en détail  l’oeuvre de ce « géant de la littérature arabe ».

Et moi ce sera ma petite contribution pour que l’inhumain des bombes n’emplisse pas toute la bande passante aujourd’hui …

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2 commentaires leave one →
  1. bsaouter permalink
    25 février 2009 22:34

    Il y a justement aujourd’hui un article assez court dans le Monde du 25 février sur Tayeb Salih. Je suppose qu’il y aura un article plus détaillé dans le Monde des livres de vendredi.

  2. 25 février 2009 15:30

    Et puis, la « langue », le style ! Même traduit en français, il reste pour moi un VRAI auteur « arabe », et non, comme Mahfouz, un Zola (ou un Hugo) arabe… Il y a dans la construction de ses histoires toute une tradition du récit bédouin, circonvolutions et détours, et c’est ce qui rend parfois pour l’Occidental sa prose si difficile à « comprendre » (comme dans « Bandarshah » par exemple, plus complexe que « La Saison… »

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