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une rentrée tout feu tout flamme

29 août 2008

L’évènement du quartier mais aussi de la presse nationale en cette veille de rentrée, c’est sans conteste l’incendie du Magliss el-Choura, le Sénat, ou le Conseil Consultatif égyptien. Situé dans la rue Qasr el-Ayny, tout près de la rue Saad Zaghloul, ce conseil est une des plus anciennes institutions démocratiques de l’Egypte, voire du monde arabe.

Même si les façades semblent presque intactes, l’incendie qui s’est déclaré en dehors de la présence des parlementaires, a complètement ravagé la salle historique du Conseil, ainsi que de précieuses archives d’état, révélant ainsi une absence consternante de mesures de sécurité. Les rumeurs les plus variées circulent sur les causes de cet accident qui a quand même couté la vie à un pompier, rumeurs aggravées par l’attitude des responsables de cette sécurité qui, devant les caméras, pendant les 9 heures qu’a duré le sinistre (incontrôlable), ont martelé qu’il était contrôlé et que la cause en était un court-circuit, alors que pas un expert n’avait encore pu pénétrer sur les lieux.

On aurait un doute pour moins que cela. D’autant que la liste des documents uniques et irremplaçables disparus fera pleurer tous les archivistes et historiens de la terre : des rapports des sessions parlementaires depuis 1866, le PV de la délibération secrète des parlementaires discutant la participation de l’Egypte à la guerre de Palestine de 48, le questionnaire fait à Taha Hussein sur son ouvrage concernant la poésie ante-islamique, les documents de l’annulation du traité égypto-britannique de 1936, etc…etc…

Même si l’hypothèse d’un incendie volontaire semble un peu loufoque, le récit des  circonstances de l’incendie et de l’incroyable incompétence des responsables de la sécurité est affligeant : laisser partir en fumée un tel patrimoine est déjà un crime en soi.

Comme les égyptiens préfèrent rire des absurdités de l’existence plutôt que d’en pleurer (ils n’en finiraient pas), ils ont immédiatement imaginé une nokta sur l’affaire : Mubarak rencontre son premier ministre et l’interroge : « Mais pourquoi diable Perez Mucharaf a-t-il quitté le pouvoir, alors qu’il pouvait encore rester ? ». « C’est le magliss el-Choura pakistanais qui l’a obligé, Président ».  » Ah bon, c’est lui ? Alors dépêche-toi de faire brûler le nôtre ! ».

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