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Mahmud Darwish

9 août 2008
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Malgré les apparences

Malgré les mille et une raisons qu’il aurait eu de le faire

Malgré tous ceux que cela aurait pu réjouir d’étouffer une voix aussi forte

Mahmud ne nous a pas laissé tomber, il chante encore pour longtemps.

…on en a quand même gros sur la patate.

Ce petit extrait de jawaz as-safar (Passeport), poème de M. Darwish, chanté par son ami Marcel Khalifa a été enregistré (sans jawaz at-tasjîl) le 15 avril 2008 à l’Opéra du Caire, lors des trente ans du journal du parti Tagammo’.

Bibliographie très partielle des ouvrages de MD traduits en français, la plupart chez Actes Sud

Au dernier soir sur cette terre (1994)
Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ? (1996)
Le lit de l’étrangère (2000)
Ne t’excuse pas (2006)

3 commentaires leave one →
  1. snony permalink*
    10 août 2008 18:31

    Offert par Cécile L., cet autre poème :

    Passants parmi des paroles passagères

    Vous qui passez parmi les paroles passagères
    portez vos noms et partez
    Retirez vos heures de notre temps, partez
    Extorquez ce que vous voulez
    du bleu du ciel et du sable de la mémoire
    Prenez les photos que vous voulez, pour savoir
    que vous ne saurez pas
    comment les pierres de notre terre
    bâtissent le toit du ciel

    Vous qui passez parmi les paroles passagères
    Vous fournissez l’épée, nous fournissons le sang
    vous fournissez l’acier et le feu, nous fournissons la chair
    vous fournissez un autre char, nous fournissons les pierres
    vous fournissez la bombe lacrymogène, nous fournissons la pluie
    Mais le ciel et l’air
    sont les mêmes pour vous et pour nous
    Alors prenez votre lot de notre sang, et partez
    allez dîner, festoyer et danser, puis partez
    A nous de garder les roses des martyrs
    à nous de vivre comme nous le voulons.

    Vous qui passez parmi les paroles passagères
    comme la poussière amère, passez où vous voulez
    mais ne passez pas parmi nous comme les insectes volants
    Nous avons à faire dans notre terre
    nous avons à cultiver le blé
    à l’abreuver de la rosée de nos corps
    Nous avons ce qui ne vous agrée pas ici
    pierres et perdrix
    Alors, portez le passé, si vous le voulez
    au marché des antiquités
    et restituez le squelette à la huppe
    sur un plateau de porcelaine
    Nous avons ce qui ne vous agrée pas
    nous avons l’avenir
    et nous avons à faire dans notre pays

    Vous qui passez parmi les paroles passagères
    entassez vos illusions dans une fosse abandonnée, et partez
    rendez les aiguilles du temps à la légitimité du veau d’or
    ou au battement musical du revolver
    Nous avons ce qui ne vous agrée pas ici, partez
    Nous avons ce qui n’est pas à vous :
    une patrie qui saigne, un peuple qui saigne
    une patrie utile à l’oubli et au souvenir

    Vous qui passez parmi les paroles passagères
    il est temps que vous partiez
    et que vous vous fixiez où bon vous semble
    mais ne vous fixez pas parmi nous
    Il est temps que vous partiez
    que vous mouriez où bon vous semble
    mais ne mourez pas parmi nous
    Nous avons à faire dans notre terre
    ici, nous avons le passé
    la voix inaugurale de la vie
    et nous y avons le présent, le présent et l’avenir
    nous y avons l’ici-bas et l’au-delà
    Alors, sortez de notre terre
    de notre terre ferme, de notre mer
    de notre blé, de notre sel, de notre blessure
    de toute chose, sortez
    des souvenirs de la mémoire
    ô vous qui passez parmi les paroles passagères

  2. Benoît permalink
    10 août 2008 14:04

    Et voici, de mémoire, la traduction de l’extrait de « jawaz safar » chanté par Marcel Khalifé :

    PASSEPORT

    Ils ne m’ont pas reconnu dans les ombres qui effacent les couleurs de mon passeport
    Et ma blessure était pour eux un objet de spectacle offert aux touristes passionnés de photographies
    Ils ne m’ont pas reconnu
    Ah !
    Ne laissez pas ma paume sans soleil
    Parce que les arbres m’ont reconnu, m’ont reconnu tous les chants de la pluie
    Ne me laissez pas livide comme la lune

  3. Benoît permalink
    10 août 2008 12:43

    Sylvie, voici la traduction d’un poème de Darwich. Ce n’est pas « Jawaz Safar », mais « Ila Oumi ».
    Et on pense au grand poète qui vient de partir…

    A MA MERE (1966)

    J’ai la nostalge du pain de ma mère,
    Du café de ma mère,
    Des caresses de ma mère…
    Et l’enfance grandit en moi,
    Jour après jour,
    Et je chéris ma vie, car
    Si je mourais,
    J’aurais honte des larmes de ma mère !

    Fais de moi, si je rentre un jour,
    Une ombrelle pour tes paupières.
    Recouvre mes os de cette herbe
    Baptisée sous tes talons innocents.
    Attache-moi
    Avec une mèche de tes cheveux,
    Un fil qui pend à l’ourlet de ta robe…
    Et je serai, peut-être, un dieu,
    Peut-être un dieu,
    Si j’effleurais ton coeur !

    Si je rentre, enfouis-moi,
    Bûche, dans ton âtre.
    Et suspends-moi,
    Corde à linge, sur le toit de ta maison.
    Je ne tiens pas debout
    Sans ta prière du jour.
    J’ai vieilli. Ramène les étoiles de l’enfance
    Et je partagerai avec les petits des oiseaux,
    Le chemin du retour…
    Au nid de ton attente !

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