Skip to content

réforme du bac en vue

12 juin 2008

A croire que c’est dans l’air du temps. Le système éducatif égyptien est en pleine réforme et le sujet, dans cette période d’examens, fait autant débat ou presque que la crise alimentaire (qui continue bien sûr de plus belle).

Dans ce pays où la moitié de la population a moins de 24 ans, on arévision chrétienne l’révision musulmaneimpression, en ce début juin, que la vie est suspendue aux résultats qui commencent à tomber. Dans de nombreuses familles, c’est l’angoisse (il y a un examen à la fin de chaque année scolaire). Partout dans les transports publics, devant les facs, dans les (rares) jardins publics, on révise. Les polycopiés ont remplacé le Coran comme objet unique de lecture dans le métro. Les journaux font des reportages à la sortie des épreuves. Il y a deux jours, un déplacement du président dans la ville du 6 octobre où se trouve une très grosse université a provoqué un bouchon monstre (la police avait bouclé tous les ponts et tous les carrefours). Résultat des centaines d’étudiants n’ont pas pu se rendre à leur examen et une plainte est en cours auprès du ministère de l’éducation de parents écœurés, qui pour certains se sont pris en option des coups de matraque sur la figure .

La réussite des enfants et des étudiants est conditionnée par de nombreux facteurs, dont tous ne sont pas très glorieux.

Il faut dire que le système d’enseignement public, primaire et secondaire a dû faire face des dernières années à une démographie galopante, qui, même dans un pays bien gouverné, serait un véritable défi.


Gama\' Oummaliya, attente des résultats trottoir des garçonsOr les choix politiques du pouvoir en place ont plombé l’affaire : le budget de l’Education Nationale représente 4% d’un PNB qui est quinze fois plus faible que le nôtre ! Autant dire que les classes sont surchargées (de 50 à 70 élèves), les enseignants sous-formés et sous payés, et le système est devenu encore plus inégalitaire avec l’apparition des cours privés, qui s’avèrent indispensables à la réussite. S’ajoute à cela une autre inégalité, celle qui concerne les filles. Elles sont encore moins de 25% à rentrer au lycée (chiffres 2006). Au final, le taux d’alphabétisation stagne depuis plusieurs années aux alentours de 70% (et à moins de 40% pour les femmes de Haute Egypte) et de nombreux indicateurs montrent un système en panne qui n’arrive plus à maintenir un enseignement de qualité.

La réforme du baccalauréat inspirée -paraît-il- par Mubarak consiste à …supprimer le bac, ou presque pour en faire un examen interne (l’écrit ne comptant plus que pour 30% de la note), une « évaluation globale »université technologique dit-on ici, « en contrôle local et en cours de formation » dirait-on chez nous (où le même projet est en cours). Comme chez nous, la décision purement politique et économique se voile dans des atours pédagogiques « mieux prendre en compte d’autres capacités que celles de l’écrit, diminuer le stress et « donc »…le recours aux cours privés » ! Autant de prétextes qui ne résistent pas à l’examen attentif de la réalité. Dans ce pays où les fonctionnaires ne sont pas payés (à peine indemnisés de leurs frais professionnels par un salaire qui ne permet pas, par exemple, de se loger décemment), la tentation est grande de trouver des moyens détournés de gagner sa vie. Déjà bon nombre d’enseignants du supérieurs sont accusés d’un certain…clientélisme. Tout le monde est persuadé ici qu’un système d’évaluation qui ne serait plus un examen serait la porte ouverte au piston et à la corruption.

collège rue FalakyLa réforme en cours vise à changer aussi le mode d’admission dans le supérieur, jusque là géré par un bureau des admissions universitaires qui se base sur les notes du baccalauréat. Le système passablement hiérarchisé (les meilleurs peuvent aller en médecine, les derniers en philo) sera substitué par une hiérarchie non moins contestable « les efforts des élèves (?) et les compétences particulières de chaque université pour que le système réponde davantage aux nécessités du marché du travail » précise Yousri al-Gamal, le Darcos égyptien. Pas besoin de décodeur pour comprendre que ce ne sont pas les inégalités sociales, ni sexuelles qui empêchent de dormir al-Gamal (qui, au passage, a la même capacité d’écoute et exactement la forme barricoïde que notre😄 national…y a t-il un lien ?).

La massification de l’enseignement ici saute aux yeux. Que l’on traverse le campus de l’université du Caire, ou que l’on regarde se dérouler une sortie d’école, ce sont des foules de jeunes qui grouillent dans tous les sens. Ces équipements sous-dimensionnés ne sont pas sans conséquences sur la pédagogie pratiquée : à l’oreille, on perçoit des chœurs d’enfants répétant/anonant ce que le maître a dit. Bref, une pédagogie qui ne déplairait pas à😄 et à ses conseillers brighellistes mais qui a fait depuis longtemps les preuves de son échec tout autour de la planète (à quelques exceptions historiques près). Malgré ses discours ronflants sur la qualité de l’éducation, le ministre en place, ne semble pas décidé à y investir les deniers publics. En revanche il a organisé un examen auquel devront se soumettre tous les enseignants à partir du 1er juillet, qui a pour but de les classer en 5 catégories : histoire de moduler l’augmentation des salaires maintes fois annoncée (de 50% à 150%), du simple au triple…ça nous rappelle quelque chose qui est aussi dans les cartons chez nous.

L’Egypte de Mubarak serait-elle en passe de devenir un think tank pour la France de Sarko ?

One Comment leave one →
  1. 15 juin 2008 8:32

    l’horreur de cette période « les examens » chaque année depuis 15 ans il n’est question que de ça dans la famille « les examens du petit »!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :