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titine au pays (des momies) des soviets

10 avril 2008

Ma voilà partie par une après midi de printemps cairotte, pour la deuxième fois, acheter les billets de train du groupe Chiccokids qui sera en villégiature ici dans 15 jours. Les billets de train Le Caire-Alexandrie ne s’achètent que deux semaines maximum avant le départ – c’est pourquoi je revenais, mais à mon arrivée au guichet réservé aux touristes, j’apprends l’existence d’une clause supplémentaire pour les groupes : il faut rédiger une demande au directeur de la gare, sur papier libre.

Avec l’aide de l’employée, je rédige donc cette lettre qui me permet d’être prise en charge ensuite par le planton de l’office du tourisme. Nous nous rendons au guichet mais le préposé ne peut pas nous fournir de billets sans une validation de la dite lettre. Direction le bureau d’un chef, en haut d’un escalier périlleux, pour faire valider la demande. Pas si simple ! Le chef en question m’annonce qu’elle n’est pas recevable. Après palabres et discussions, je finis par comprendre qu’il existe une solution : c’est de m’engager par écrit à ne pas changer les dates du voyage. Qu’à cela ne tienne, voyant le temps passer, je signe, en français et en arabe l’engagement susdit.

Mais ce n’était en fait, que le laisse-passer pour accéder à la case suivante : trouver les places demandées dans le train demandé. Toujours en compagnie de mon planton, au demeurant très gentil, nous traversons toute la gare Ramses pour monter dans les étages. Là, nous enfilons un couloir de 300m de long, plein de bureaux dans lesquels des employés par groupes de 4 ou 6 prenaient le thé et regardaient la télé. Nous arrivons enfin au bon bureau mais nous en croisons sur le pas de la porte les employés, tous prêts à débaucher. Eh oui, on ne voit pas le temps passer avec les égyptiens et il est déjà 5h ! Nous réussissons à force de palabres à retenir le dernier qui veut bien s’occuper de nous, décroche son téléphone… et après plusieurs appels, nous annonce qu’il n’a pas de places pour nous sur ce train, mais qu’en retournant voir le précédent chef….

Ce que nous faisons immédiatement. Mon planton décidément très sympa me conseille sur le chemin du retour de piquer une grosse colère et d’exiger qu’ils me trouvent de suite les places. Il ne fallait pas me pousser beaucoup et je me mets à sortir quelques noms d’oiseaux (je commence à en connaitre). Le chef change un peu de ton, et essaye de me démontrer sa bonne volonté. Mais alors un autre chef arrive – de quoi il se mêle celui-là – pour m’annoncer que le train de 8h du mat est réservé … aux égyptiens. Ce qui n’est bien évidemment pas vrai. Là j’explose et nous obtenons un coup de fil pour le planton du guichet qui accepte enfin d’éditer les fameux billets.

Trois heures trente se sont écoulées et je ferais bien la bise à mon planton si ce n’était les coutumes locales, tellement je suis soulagée. La gare grouille de milliers de personnes, voyageurs et employés. Elle a beau être immense, elle semble comme de nombreux lieux publics sous-dimensionnée tellement cette ville est peuplée. De nombreuses personnes qui travaillent au Caire habitent dans le delta où les loyers sont bien moins chers ce qui fait que vers 6h, c’est c’est le rush. Sans compter qu’à l’heure de la prière, les tapis s’étalent dans l’entrée en direction de la Mecque bloquant ainsi l’essentiel du passage (des fois qu’on ne comprendrait pas qu’il faut admettre la religion comme appartenant au domaine public…).
Ce qui fait que la gare Ramses est un des points névralgiques comme on dit de la capitale. Lorsqu’à la fin du mois de janvier, ses employés se sont mis en grève, cela a fait un joyeux bordel. Les 500 contrôleurs ont cessé le travail complètement pendant 10h, bloquant ainsi tous les trains. Ils s’opposaient à une nouvelle loi qui faisait passer le prix de l’amende pour défaut de billet de 50 piastres à 10 LE (une multiplication par 20). Les contrôleurs, sachant très bien qu’ils ne pourraient jamais rançonner ainsi les voyageurs (qui n’en ont pas les moyens) et donc qu’une partie de leur salaire volerait en fumée (parce qu’ils semblent payés au chiffre) ont donc exigé, et obtenu l’annulation de la mesure.
Comme quoi, il y a des pays où les luttes (y compris celles des cheminots) payent ! 🙂

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3 commentaires leave one →
  1. Benoît permalink
    14 avril 2008 13:59

    La seule solution : gueuler ?
    Ca marche bien aussi au Maroc…
    C’est un peu sportif comme méthode et pour un Français, qui est râleur, mais pas gueuleur, inhabituel.

  2. 12 avril 2008 21:50

    Franchement quelle patience !

    Quel égoisme aussi que de mettre en oeuvre toute les hiérarchie de Ramsès II alors que le pauvre guichetier ne voulait peut-être qu’un pourboire pour la peine de de devoir imprimer autant de tickets d’un coup.

  3. 11 avril 2008 14:58

    Eh ben ! Qu’est-ce que ça va être quand on va leur annoncer la suppression de la carte de Familles Nombreuses !

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