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les zawayas

7 novembre 2007

En plus des mosquées « officielles », souvent splendides, gérées en Egypte par le ministère des Waqfs*, il y a dans tous les quartiers du Caire des lieux de prières aux allures nettement plus improvisées : les zawayas. Celle de ma rue a été installée par le patron du pressing et occupe le trottoir à côté de son magasin. Elle a des « murs » et un toit, ce qui n’est pas toujours le cas. Il m’est arrivé de me retrouver au milieu d’une salle de prière en sortant d’une boutique, parce que je n’avais pas vu en entrant que la ruelle était transformée en partie en zawaya (il fallait observer les tapis par terre). D’autres zawayas poussent sous les ponts, dans les bas d’immeuble….
zawaya.jpgD’après la presse (Al-Ahram) locale, ces zawayas se multiplient à une vitesse impressionnante. D’abord parce que le ministère des Waqfs n’investit pas suffisamment dans l’entretien et la construction de mosquées. Ensuite parce que le nombre de pratiquants augmente de façon significative (sans doute un bel euphémisme). Enfin parce que se déplacer dans cette ville pour aller prier cinq fois dans la journée relève du parcours du combattant.

Mais surtout semble-til le prestige social acquis par celui qui construit une zawaya, (ainsi que la dispense d’impôts qu’il en retire) semble motiver cette frénésie.

Si les zawayas font tant parler d’elles, c’est qu’à l’inverse des mosquées où la prière est assurée par un immam-fonctionnaire, les discours et prises de position qui s’y développent échappent au contrôle du pouvoir officiel (c’est le côté positif) mais pas à celui des fondamentalistes (c’est moins drôle). Dans un pays ravagé par la misère, ceux-là ont le vent en poupe et détournent les problèmes. C’est d’ailleurs pour cela qu’on peut légitimement soupçonner le régime en place de ne pas être si gêné que cela par les Frères Musulmans. Comme le faisait remarquer Alaa El Aswany lors de la récente rencontre, lorsqu’on explique aux gens que leurs malheurs viennent du fait qu’ils ne sont pas assez bons musulmans, c’est du pain béni, si j’ose dire, pour ceux qui profitent de la misère des autres et qui ont besoin de leur soumission pour préserver leur propres privilèges.

* waqf veut dire « bien de main-morte ». Mais pour comprendre exactement le rôle des waqfs ici, il faut lire Naguib Marfouz, notamment les Fils de la Medina » 

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