Suite à un “point de vue” publié par le Monde du 27 février par un certain nombre d’auteurs, -dont, si je dis le début de la liste : Alain Finkielkraut, Claude Lanzmann, Elie Wiesel, Pierre-André Taguieff...vous pouvez tous imaginer la suite-, bref, suite à cette publication Bruno Guigue, auteur de nombreux articles et d’un ouvrage aux éditions l’Harmattan sur le Moyen Orient a produit sur le site Oumma.com un article particulièrement intelligent et argumenté, démontant la rhétorique anti-ONU des auteurs du premier article.

Bruno Guigne est aussi sous-préfet de la République Française, à Saintes. Où est le problème me direz-vous ? Demandez à MAM ! Il parait qu’on ne peut pas en France être fonctionnaire et se laisser aller à dire qu’en Israël, grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer le jour du sabbat. Dans la Charente libre du 23 mars (qui arrive tous les jours au Caire) MAM s’exprime “Le devoir de réserve, “c’est le b.a.-ba du métier. Ce n’est pas la tonalité du texte qui justifie la sanction, mais le non-respect du devoir de réserve”, “l’une des premières obligations” du corps préfectoral. Et pour cette affaire “tout à fait exceptionnelle”, MAM a démissionné le sous-préfet.

Or ce qui est exceptionnel c’est que Bruno Guigne soit sanctionné alors qu’il ne s’est absolument pas exprimé en tant que sous-préfet, sur ce site comme dans ses bouquins.

Dans le même temps une assocation dite de “lutte contre l’antisémitisme” réclame le retrait de tous ses articles. Pourquoi pas un autodafé ? Le site juif.org se réjouit du passage à la trappe de B. Guigue, et des torrents de haine se déversent sur certains forum…

On y est : toute expression critique envers l’état d’Israël et de soutien au peuple palestinien est peu à peu assimilée à de l’antisémitisme et à ce titre condamnée par la nouvelle doxa, qui sert ainsi sur un plateau une pseudo-légitimité à des décisions de plus en plus autoritaires d’un pouvoir décidé à museler la liberté d’expression.

Et nos “intellectuels organiques” comme les nomme élégamment Bruno Guigue, ne décèlent là aucune erreur de raisonnement, aucune confusion des genres. J’espère qu’il n’y en a aucun parmi eux qui est prof de philo…